Agriculture : Le Sénégal veut porter l’investissement privé à 20%

Le Sénégal veut porter les investissements du secteur privé dans l’agriculture à 20%. En partenariat avec le Nepad à travers le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa), il a mis en place une plateforme de facilitation des investissements agricoles. Un espace de dialogue entre le public et le privé pour lever les contraintes et booster l’investissement privé dans ce secteur.

Au Sénégal, le volume des investissements du privé dans l’agriculture n’est pas très important. Il se chiffre à seulement 15 milliards de francs Cfa, soit 10% des financements, selon les chiffres de l’Apix, repris par Moustapha Lô Diatta, secrétaire d’Etat chargé de la Structuration et de l’accompagnement des organisations paysannes. La contribution du secteur privé dans l’investissement agricole est donc jugée très faible. Une situation que le Programme détaillé pour le développement de l’agriculture en Afrique (Pddaa) veut corriger en partenariat avec l’Etat du Sénégal à travers l’Apix, le ministère de l’Agriculture et celui des Fi­nances. Ces acteurs qui veulent ainsi une accélération des investissements du secteur privé dans l’agriculture ont mis en place une plateforme de facilitation des investissements dans l’agriculture. Un forum qui rassemble les financiers, les partenaires et les acteurs et dont l’objectif est de tirer les investissements privés à 20%.

Ce n’est pas une chimère. Il peut se faire, indique Erick Sile, conseiller en finance agricole au Nepad. L’expert invite d’abord l’Etat à s’impliquer davantage, en mettant en place des infrastructures et différents documents de politique pour améliorer les investissements agricoles et encourager le secteur privé à investir dans ce secteur. Se félicitant des différents mécanismes d’investissement mis en place tels que le Fonsis, le Fongip, Erick Sile ajoute que ces initiatives doivent s’accompagner encore de mesures incitatives qui permettraient au secteur privé de contribuer davantage au secteur agricole. «Nous avons des plaintes qui viennent du secteur privé et qui font état des risques qui existent dans le secteur agricole, notamment le risque climatique, l’absence de garantie des producteurs, le manque de financement…», rapporte-t-il. L’expert souligne que sur ces complaintes, le gouvernement a un rôle important à jouer.

Des mesures déjà prises
Le directeur général de l’Apix rassure. Pour Mountaga Sy, le pays a travaillé sur des réformes majeures avec comme objectif la facilitation de l’investissement privé en matière d’agriculture. «Nous avons aujourd’hui la suspension de la Tva agricole, l’exonération sur le matériel agricole. Nous avons aussi la suppression de la prime fixe pendant les heures de non production», liste le Dg de l’Apix, qui soutient que ces éléments ont pour seul objectif d’apporter plus de compétitivité et aussi de faciliter l’exportation dans le domaine agricole. Au-delà de ces mesures prises, le patron de l’Apix promet d’autres améliorations pour, dit-il, porter l’agriculture comme moteur de croissance. Aussi, souligne-t-il, le Sénégal n’a pas attendu le Pddaa pour impliquer le secteur privé dans la transformation de l’agriculture. Notre pays a, selon lui, commencé avec les Grands domaines du Sénégal, la société des cultures légumières.
Durant deux jours, les financiers, les partenaires, l’Etat et les acteurs du secteur privé, à travers un dialogue, vont échanger et discuter pour accroître l’investissement privé dans le domaine agricole sénégalais. La prochaine étape sera de mettre dans un document intitulé la Déclaration de Dakar, les engagements des partenaires publics et privés. Ensuite, le gouvernement prendra des engagements et décidera de sa mise en œuvre. A part le Sénégal, il faut noter l’Ouganda, la Zambie, le Ghana et le Cameroun qui ont été choisis comme pays pilotes pour abriter cette plateforme.
ndieng@lequotidien.sn

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