Ansoumana Dione dévoile la vraie raison de son courroux contre Macky Sall

Conférence de presse sur la situation des malades mentaux errants

Siège Amnesty International/Sénégal, Dakar – Sacré-Cœur 1 – Villa n° 8411

le mardi 23 octobre 2018 à partir de 10 heures

Déclaration liminaire

Par Ansoumana DIONE, Président de l’ASSAMM

Chers journalistes,

Messieurs les représentants d’organisations de défense des Droits de l’Homme,

Après vous avoir salués et remerciés d’avoir répondu à notre invitation, nous tenons à vous manifester notre joie, immense, de vous recevoir, ici, dans les locaux d’Amnesty international/Sénégal, avec son Président, Monsieur Seydi GASSAMA à qui nous exprimons, plus particulièrement, notre profonde gratitude. Comme vous le savez, déjà, nous nous retrouvons aujourd’hui pour défendre les droits d’individus, ne jouissant pas de toutes leurs facultés mentales, longtemps abandonnés à eux-mêmes dans les rues, sans aucune assistance. Conséquence de cette négligence, de la part de notre société, pourtant réputée de Téranga, de solidarité et d’entraide, ces concitoyens vivent un enfer terrestre impitoyable, sans que les autorités étatiques actuelles, ne leur viennent en aide. Récemment à Touba, un d’entre eux a été mortellement fauché par un véhicule dont le conducteur a pris la fuite. De 2012 à nos jours, beaucoup de malades mentaux errants ont perdu la vie, dans des circonstances similaires ou par suicide, sans compter les onze cas d’assassinats sauvages, enregistrés entre 2014 et 2018, à Tambacounda et à Dakar où une femme a été égorgée à la Citée des Eaux, avec une partie de ses bras emportée. Parallèlement à leurs souffrantes quotidiennes, ces malades mentaux errants, au nombre de trois mille, à travers le pays, constituent une des premières causes d’insécurité et d’insalubrité dans notre pays. Presque tous les jours, de paisibles citoyens payent les frais de leurs exactions et le cas d’Idiatou DIALLO, emprisonnée puis libérée pour tentative de vol d’enfant à la Médina, en est une parfaite illustration.

Naturellement, tout citoyen sensible à leur triste sort et conscient du danger permanent que ces malades mentaux errants représentent pour la société, demande qu’une structure de prise en charge leur soit construite. Pourtant, c’est en 2004 que notre Association Sénégalaise pour le Suivi et l’Assistance aux Malades Mentaux (ASSAMM), créée en août 2000, s’est dotée d’un tel centre à Kaolack, avec l’appui du régime du Président Abdoulaye WADE. Normalement, à l’heure actuelle, aucun malade mental ne devait errer dans les rues, ni à Dakar, ni partout dans les autres régions du pays, si ce Siège de notre organisation n’était pas confisqué puis fermé en 2013, par le régime du Président Macky SALL. Et, depuis lors, c’est tout le peuple sénégalais qui souffre de cette injustice, infligée aussi bien à ces malades mentaux errants qu’à l’ASSAMM. En réalité, notre seul tort est d’avoir pensé très tôt, à abréger les souffrances des populations, liées aux besoins en santé mentale. Mais, que tout le monde se le tienne pour dit : notre pays abritera les Jeux olympiques juniors en 2022. Si ces malades mentaux errants ne sont pas pris en charge par notre Association, à travers notre Siège de Kaolack, les nombreuses délégations internationales qui débarqueront au Sénégal, seront confrontées à d’énormes problèmes d’insécurité. C’est pourquoi, nous demandons au Ministre de la Santé et de l’Action Sociale, Monsieur Abdoulaye DIOUF SARR, de bien vouloir prendre toutes ses responsabilités, en nous restituant notre outil de travail, afin que nous pussions résoudre, avec l’appui du gouvernement, ce phénomène de l’errance des malades mentaux.

Chers journalistes, honorables invités, nous vous remercions de votre aimable attention.

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