Attaqué, le Pape François déplore la banalisation des “injures”

TENSIONS AU VATICAN – Attaqué anonymement pour ses dernières réformes, le pape François a déploré ce dimanche l’usage banalisé des “injures”.

La fronde, jusque-là cantonnée derrière les murs du Vatican, s’étale désormais dans l’espace public. Le souverain pontife n’a pas fait d’allusion directe à ces attaques mais le message, livré ce dimanche 12 février lors de la prière dominicale, est une réponse très claire à ses détracteurs : “les paroles injurieuses n’ont pas la même gravité et n’entraînent pas la même culpabilité que l’homicide, mais elle se situent sur la même ligne, car elles en sont les prémices et révèlent la même malveillance”.

Le pape s’est référé au commandement de Jésus de “ne pas tuer”, ce qui englobe aussi “des comportements qui offensent la dignité de l’être humain, dont les paroles injurieuses”. “Nous sommes habitués à insulter, c’est comme dire ‘bonjour’”, mais “qui insulte un frère, tue ce frère dans son cœur”, a-t-il développé sur la place Saint-Pierre, en intimant aux fidèles d’éviter les injures.

Des affiches malveillantes placardées à Rome

Samedi 4 février, les Romains avaient découvert plus de 200 affiches anonymes très malveillantes placardés dans toute la ville. “Mais où est ta miséricorde ?”, demandaient ces affiches en dialecte romain, sous un portrait du pontife argentin au regard maussade, accusé notamment d’avoir “ignoré les cardinaux” ou “décapité l’Ordre de Malte”. Des références à des frictions récentes du pape avec la frange conservatrice de l’Église.

Le lendemain de cet événement inédit, le pape avait appelé lors de l’Angélus les fidèles à rester loin “des germes polluants de l’égoïsme, de l’envie, de la médisance”. En fin de semaine dernière, le pape a été ciblé par l’envoi sur les courriels de nombreux cardinaux et évêques d’un faux “Osservatore Romano”, le journal officiel du Vatican. Cette fois l’attaque, faite sur le ton de la satire, est plus subtile et vise un public d’initiés. Elle présente surtout le pape jésuite comme ayant des réponses très évasives sur la doctrine de l’Église.

La main des cardinaux les plus conservateurs ?

Dans ce pastiche sarcastique, le pape François répond aux questions émises à l’automne par quatre cardinaux ultra-conservateurs concernant la nouvelle possibilité de donner la communion à certains divorcés remariés. Ces cardinaux mécontents avaient exigé une réponse du pape, qui n’a jamais répondu directement.

L’entourage du souverain pontife a dédramatisé les deux incidents survenus depuis une semaine. Et dans un entretien de fin novembre, publié jeudi par la revue jésuite Civilità Cattolica, François assure n’avoir pas besoin de tranquillisants et dormir en paix, malgré les opposants à ses réformes et la “corruption” présente au Vatican.

Actu.Orange

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