Images et maux d’une inauguration controversée du TER à Rufisque

Les populations de Rufisque ont montré leur désaccord au président de la République, venu ce lundi 14 janvier 2019, inaugurer le projet inachevé du Train Express Regional. Deux journalistes-reporters belges ont assisté pour PressAfrik a l’evenement qui a été marqué par de violentes manifestations, des échanges de tirs de gaz lacrymogènes et de jets de pierres, des arrestations… retour en images et témoignages sur une journée mouvementée.

Les voies ferroviaires devaient être fermées de 6h à 20h ce lundi 14 janvier pour ce que le Président de la République du Sénégal, Macky Sall, appellera l’inauguration du Train Express Régional (TER). Encore en chantier, loin d’être achevé, le TER est loin de faire l’unanimité à Rufisque comme ailleurs au Sénégal. Des Rufisquois ont sortis leur brassard rouge.

Ils ont été des centaines à se faire déloger pour la construction du TER. Les communes de Rufisque, Thiaroye-sur-mer ou Bargny sont aujourd’hui divisées. À Rufisque, les populations du nord de la commune se voient traverser les rails du chemin de fer pour rejoindre le centre ville, n’ayant pas de passerelles ni de voies de contournement. Pour dénoncer ces manquements qui durent aux yeux de ces habitants depuis trop longtemps, des jeunes de Rufisque ont manifesté ce lundi 14 janvier.
« Rien n’a été mis en place pour bloquer l’accès aux voies ferroviaires. Les travaux ont commencé sans que rien ne soient installés pour permettre aux gens de traverser. Pourtant cela aurait du être la première étape du chantier. Actuellement, les personnes handicapées sont dans l’incapacité de se rendre au centre ville. Les personnes plus âgées tombent en passant par dessus les rails,» dénonce Hamet Daf, coordinateur du collectif Front Rabonnir Rufisque F2R.

Malgré le refus des autorités, ils étaient plusieurs dizaines à se rassembler pont Dangou (Rufisque) avant de chercher à faire un sit-in sur les rails qu’empruntera le TER. En quelques minutes, la police tente de repousser les jeunes, taser et lacrymogène à la main.  Rejoint par ce que les habitants appellent les « nervis », milice du parti APR, les policiers repoussent les jeunes sur le Pont Dangou. Les heurts se poursuivront dans les rues adjacentes, avant qu’un jeune ne soit arrêté non pas par les policiers restés sur le pont mais par des « nervis» du parti.
Menottés, il recevra à plusieurs reprises des coups avant d’être embarqué. Selon l’un des manifestants, il importait de faire entendre leur voix. « Il y a un manque de respect total vis-à-vis des populations. Nous n’avons nullement été consultés pour ce projet. Sur cent sénégalais, ils seront peut-être un ou deux à prendre le TER. »
Des impacts négatifs qui ne seront pas mis au profit de l’ensemble de la population sénégalaise.

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