Indice Mo Ibrahima : le Sénégal dans le Top 10

Le Sénégal figure parmi les 10 premiers pays sur le classement de l’Indice Mo Ibrahim de la Gouvernance africaine (IIAG), pour l’année 2018, publié, hier, lundi 29 octobre, à Londres.

Les progrès enregistrés par le Sénégal relèvent majoritairement de la catégorie « développement humain », précise le rapport repris par Jeune Afrique. L’Indice Mo Ibrahim relève notamment les avancées de Dakar en matière de lutte contre la pauvreté et de santé. Le Sénégal est l’un des deux seuls pays dont les progrès dans le domaine de la santé ont été constants durant la dernière décennie. Le pays de la ’’Téranga’’ (hospitalité) fait aussi partie, avec l’Ouganda, le Zimbabwe, le Cap-Vert et le Tchad, des cinq pays qui ont le plus progressé en matière d’accès à l’électricité.
Rendu public ce 29 octobre, l’Indice Ibrahim de la gouvernance africaine (IIAG) pour l’année 2018 a consacré un trio de tête composé de l’Île Maurice, des Seychelles et Cap Vert. Non sans souligner une tendance à l’amélioration de la gouvernance, mais aussi l’irrégularité de ces progrès.
Le rapport note que « le niveau de gouvernance globale en Afrique maintient une tendance moyenne à l’amélioration au cours de la décennie écoulée, et environ trois citoyens du continent sur quatre (71,6 %) vivent en 2017 dans un pays où la gouvernance s’est améliorée ». Mais en parallèle, les rédacteurs du 12e Indice Ibrahim de la gouvernance africaine rappellent que les attentes fortes d’une population de plus en plus jeune ne sont pas pour le moment satisfaites. Sur ce point, le score moyen obtenu par le continent est 49,9 points sur 100.

Bons élèves

Mo Ibrahim a exprimé sa satisfaction quant aux réalisations de la Côte-d’Ivoire qui signe la meilleure progression (12,7 points) entre 2007 et 2018. Ce qui lui vaut de passer de la 41e à la 22e place. Le Maroc qui gagne 10 points, passe de la 25e à la 15e place. Et, le Kenya avec 8 points de plus (de la 19e à la 11e place) fait aussi partie des bons élèves de l’indice.

Mauvais élèves

En face, la Libye qui réalise la pire chute en perdant 15,6 points sur la même période, tandis que le Burundi perd 5 points et le Mali 4 points.
L’indice, élaboré à partir d’une centaine d’indicateurs répartis sur quatre grandes familles (sécurité et état de droit ; participation et droits de l’homme ; le développement économique durable ; développement humain) relève notamment la faible place du développement économique durable, qui ne progresse que de 0,2 % en dix ans, quand le PIB du continent bondit quant à lui de 40 %. Ce qui en dit long sur la capacité des gouvernements à offrir la possibilité aux potentiels investisseurs de poursuivre leurs objectifs économiques et de prospérer.
« En 2017, quatre des dix pays ayant le PIB le plus élevé du continent ont réalisé un score inférieur à la moyenne continentale en matière de Développement économique durable et se situent dans la moitié inférieure du classement africain. Il s’agit de l’Algérie, l’Angola, le Nigéria et le Soudan », pointe le rapport. Dans 25 pays, qui représentent 43,2 % de la population, le développement économique durable sur la décennie est même en régression.

Un environnement des entreprises mal en point

Le Cap Vert et les Seychelles, qui sont respectivement les 6e et 5e plus petites économies d’Afrique, sont a contrario en haut de la liste en matière de Développement économique durable.
Pour la fondation, les performances réalisées en matière d’environnement des entreprises à l’échelle du continent restent très limitées. L’indicateur a connu une détérioration de presque 5 points au cours de la décennie écoulée. Une situation alarmante quand on sait que la population en âge de travailler devrait progresser de 30 % au cours des dix prochaines années. En parallèle, l’indicateur qui mesure la création d’emplois perd 3,1 points alors que celui de l’insertion socio-économique des jeunes recule de 2,3 points.
La dimension Participation et droits humains a en moyenne progressé au cours de la décennie écoulée et presque 80% des citoyens du continent vivent dans un pays où la situation s’est améliorée dans ce domaine. 
Ceci dit, et de façon préoccupante, l’espace civique et politique enregistrent en moyenne sur le continent un rétrécissement, avec une détérioration moyenne des indicateurs mesurant la participation de la société civile, les libertés d’association et de réunion, les droits et libertés individuels et la liberté d’expression.

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