Libre opinion : La rentrée des classes (Par Amadou Koné, IEN)

Dans une quinzaine de jours, des parents d’élèves inquiets, des élèves désemparés et des enseignants démotivés et en déficit de formation seront au rendez-vous pour le grand rituel de la rentre des classes 2018/2019, avec le slogan : « ubi tey jang tey. »

Après deux siècles de présence d’écoles françaises dont une soixantaine d’années sous les soleils des indépendances, notre Ecole brille encore par ses contre-performances récurrentes, malgré les importantes ressources injectées à travers de vastes programmes comme le PDRH 2, le PDEF et le PAQUET en cours.

En effet depuis plus d’une décennie, Les taux d’échec aux examens nationaux du BAC et du BFEM oscillent entre 70% et 50%. (Leral.net du 18/8/18). Au CFEE, les mêmes taux tournent autour de 50%.

Dans l’enseignement supérieur, l’arbre cache la forêt. Le Sénégal qui fut pionnier en Afrique, voit ses premières universités : l’UCAD et l’UGB, classées respectivement, 48 ème et 157 ème sur les 200 meilleures universités en Afrique. (Uni Rank, février 2018.) Donc, non seulement, notre système éducatif n’est pas performant, mais le produit livré ne nous satisfait guère.

Au même moment, la classe politique et les éléments de la bourgeoisie nationale placent et couvent leurs « héritiers » dans les meilleures universités à l’étranger ou dans les meilleurs établissements privés de la place, à l’abri de toutes perturbations. Point de doute, ceux qui nous gouvernent, n’ont jamais cru à notre Ecole publique. Pour eux, il s’agit de se maintenir au pouvoir et d’entretenir un système éducatif monstrueux.

Hélas, une nouvelle rentrée des classes démarre sur les cendres encore incandescentes de la défunte année passée, dans un climat de tension et de suspicion entre l’Etat et les organisations syndicales, aussi avec des risques de dérives liées aux joutes électorales en vue.

Sans être prétentieux, quatre mesures fortes s’imposent en urgence au gouvernement pour créer les conditions d’une année apaisée:

1 : Ouvrir des négociations sérieuses avec le SIENS.

2 : Respecter les accords déjà signés entre l’Etat et les syndicats d’enseignants. 3 : Publier et mettre en œuvre l’étude faite sur le système de rémunération des agents de la Fonction Publique. Enfin 4 : Injecter suffisamment les premières ressources financières du pétrole et du gaz dans l’éducation nationale.

Que Dieu protège le Sénégal !

Amadou Koné, IEN, à la retraite, Saint-Louis.

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