Aida Mass Kane du CRFTF Diourbel : « Nous voulons que les sénégalais consomment plus nos produits locaux »

Le Salon international de la formation professionnelle, de l’artisanat et de l’emploi au Sénégal SIFORES réunit du 25 au 29 mai au CICES les organismes de formation professionnelle publics ou privés, les entreprises les institutionnels, les professionnels ainsi que les organismes d’information. Durant ces 5 jours les acteurs concernés vont exposer leurs produits et échanger sur différentes filières de formation professionnelle.

Dans une interview accordée à nos confrères de SENENEWS, Madame Aida Mass Kane chargée de la communication du Centre Régional de formation technique féminin de Diourbel exposant au SIFORES appelle les sénégalais à faire un retour sur la consommation locale notamment à l’artisanat, à l’habillement etc.

Quels sont les domaines dans lesquels vous évoluez ?

Nous avons un centre qui forme les jeunes dans différents domaines notamment l’artisanat qui est notre filière d’origine, la filière agro-alimentaire, la filière restauration, habillement et coiffure. Pour la transformation des produits locaux dans le domaine de l’agro-alimentaire nous avons une unité de transformation à Diourbel qui est bien équipée et qui offre aux jeunes des cours de transformation de produits locaux comme les céréales etc. En termes de matériel on s’approvisionne dans le marché, on achète des produits de premières qualités car la transformation tient compte de la qualité du produit.

Parlez-nous un peu de votre exposition ici au SIFORES

Dans notre stand nous avons la région de Diourbel qui polarise le CRFTF de Mbacké, de Touba et de Bambey et pour chaque centre il y’a un représentant. C’est notre première exposition avec  l’appel du ministère l’enseignement technique et de la formation professionnelle. Vous trouverez des produits qui ont été transformés dans nos centres. Il y’a les céréales, l’habillement, les coiffures et tout cela sont des travaux manuels. Pour le moment il n’y pas encore de clients mais nous attendons d’ici la fin.

Vous évoluez dans l’artisanat, comment voyez-vous ce domaine présentement au Sénégal ?

Etant notre filière d’origine, l’artisanat est important dans tout ce que nous faisons. Mais il y’a un problème au Sénégal par ce que c’est un domaine laissé en rade. Les sénégalais sont un peu complexés, ils préfèrent acheter les produits importés plutôt que les produits fabriqués ici au Sénégal alors que nos artisans sont capables de tout faire. Ce sont les étrangers qui sont beaucoup plus intéressés par ce que nous faisons. Toute fois nous lançons un appel au Sénégalais à faire un retour sur les produits artisanaux et à consommer nos produits locaux en général.

Est-ce que vous arrivez à exporter vos produits?

Pas du tout, nous n’exportons pas. Pour exporter un produit il te faut un label, une couverture ect et c’est pas facile aujourd’hui. Même si il y’a certains qui connaissent nos produits, qui les achètent et les revendent à l’extérieur. Maintenant nous lançons un appel aux partenaires mais aussi notre ministère pour nous appuyer à faire exporter nos produits. Parce que nous avons toutes les conditions requises à l’exportation.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre centre ?

Nous avons des difficultés pour faire écouler nos produits, peut-être la tendance change un peu par ce que les personnes connaissent mieux nos produits mais il y’a toujours quelque chose qui bloque, en gros ça ne va pas carrément. Nous voulons que les sénégalais consomment plus nos produits locaux  par  ce que c’est ceux qui viennent d’ailleurs  qui consomment  beaucoup plus nos produits.

Combien de jeunes avez-vous eu à former ?

Le nombre est un peu colossale, le centre a été créé depuis 1972 mais en cette époque  nous n’évoluions que dans le domaine de l’artisanat. C’est par la suite en 1990 que le nom a été changé et nous avons élargi le centre pour travailler dans d’autres domaines. Et depuis cela nous avons formé pas mal de jeunes. Avec l’avènement de l’APC – Approche par compétence – nous formons par rapport à des métiers bien prescrits comme les métiers d’agent en agro-alimentaire, de cuisinier , de styliste-modéliste, d’agent de santé communautaire etc.

Entretien réalisé par Nafissatou Sembène

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