Souleymane Ndéné Ndiaye : « Si je deviens Président, j’abrogerais l’Acte III… Je creuserais le canal du Cayor…Wade est mon inspirateur »

Après  le vibrant hommage rendu à Guinguinéo venue massivement prendre part à la célébration du premier anniversaire de la création de son parti l’Unp (bokk Jemu), Souleymane N’déné N’diaye s’est aussi félicité des présences pour le moins surprenantes d’Ahmed Suzanne Camara et Moussa Fall de l’Aprodel.  Les deux leaders politiques cités appartenant à la mouvance présidentielle… La fête d’anniversaire s’est déroulée sur l’esplanade « Cœur de Ville » dans une ambiance joviale qui a vu notamment la présence remarquée de sportifs de l’Asc Saloum, des batteurs de « jun-jun » et des représentants du parti venus de plusieurs coins du Sénégal. Une occasion saisie par l’ex-premier ministre pour brandir une nouvelle fois son ambition présidentielle, mais aussi pour donner son point de vue sur certaines questions d’actualité avant de décliner un pan de son programme pour le pays.

JE SUIS FAVORABLE AU DIALOGUE, CEPENDANT….

Conscient du fait qu’au même moment où il fête l’an 1 de son parti à Kaolack, le dialogue national démarrait ses travaux à Dakar sous la houlette du Président Macky Sall, SNN a tenu d’emblée à préciser sa position : «  nous sommes favorable au dialogue national! » Toutefois, s’empresse-t-il d’ajouter « Il ne faut surtout pas que cette rencontre soit une de plus », avant de justifier son absence «  à la table du dialogue » par le simple fait qu’il n’a point le don d’ubiquité. SNN de dire : « je n’ai pas eu la possibilité d’être présent à Dakar pour participer, mais je sais que le Sénégal a soif de ce dialogue. Le dialogue permet de prévenir les dérapages ».Selon lui toujours, « l’absence de dialogue est pour quelque chose dans ces toutes turbulences que vivent le Sénégal et notamment dans celles qui perturbent le système scolaire ». D’où son invite lancée au gouvernement et aux associations syndicales de se mettre autour d’une table pour discuter. Abordant justement la question de la grève des enseignants ( élément essentiel du dialogue, selon lui ), l’urgence est aux négociations. « Quelle que soit la durée des grèves, les enseignants ne perdront jamais ». Il martèle ensuite à la décharge de l’Etat : « je ne mettrais pas tout le tort sur le dos du gouvernement. L’État doit signer certes des engagements qu’il peut respecter, mais qu’on lui permette d’échelonner les engagements dans leur réalisation …tout régler aujourd’hui ne peut avoir lieu. Il faut savoir ce que l’État peut faire et ce qu’il ne peut pas faire. Le bras de fer a trop duré. Il faut négocier! » 

SI JE DEVIENS PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE…

Même s’il a rappelé que le Président Macky Sall avec qui il a partagé une même chambre étant étudiants est un ami pour lui, SNN ne cache pas son ambition de le remplacer à la tête de ce pays. Le sourire aux lèvres, il rassure qu’il ne veut pas juste parce que son ami est arrivé l’être. Pour ce, il revendique un programme ambitieux, réalisable et clair.

A l’en croire, pour développer le Sénégal, il faudra nécessairement arpenter certains axes. « Qui veut construire le Sénégal devra combattre la pauvreté. 70% des Sénégalais vivent au dessous du seuil de la pauvreté. L’agricultrice saisonnière ne peut pas développer ce pays ». Pour ce faire, SNN emprunte au Président Diouf son projet jamais réalisé. Celui-ci préconisait le creusage du Canal du Cayor. C’est, à son avis, la seule solution qui puisse permettre d’arroser en tout temps le Saloum, le Walo, le Boundou etc… L’ancien Premier ministre de prêcher aussi pour la mécanisation de l’activité agricole et pour sa diversification. 

« L’autosuffisance alimentaire ne sera plus un slogan mais une réalité » dira-t-il, non sans oublier d’accorder une place essentielle à la transformation des produits agricoles… des astuces qui mettront terme à l’exode rural. Toujours dans son programme de relance de l’économie Sénégalaise, il prévoit la revigoration de l’industrie avec la mise en place d’un bon environnement des affaires. « Du temps de Wade, une amorce a été faite et le Sénégal était devenu le premier pays réformateur du monde selon les publications de ‘’Doing business’ car, ajoute-t-il, c’est l’investissement qui crée la croissance et c’est la consommation qui soutient la croissance ». L’ancien premier ministre dira par ailleurs accorder beaucoup d’importance à l’éducation et à l’emploi des jeunes. « Il faut essayer d’absorber le chômage qui ne concerne pas seulement les jeunes en âge de travailler ». Pour ce, la remise en selle du Conseil Présidentiel de l’Investissement créé par Wade est dans ses tablettes car, fait-il savoir au Gouvernement actuel, il ne s’agit pas d’inventer un autre modèle car personne ne peut réinventer la roue ». Dans ce même ordre d’idées, la création de centres de formation professionnelle dans les chefs de lieux de département avec des types de formation qui reflètent les localités d’implantation s’impose.  

 LES ERREURS A CORRIGER

L’une des « erreurs » qu’il se chargera de corriger s’il devient Président de la République c’est « cette aberration » que constitue l’Acte III de la décentralisation. Et c’est ironiquement qu’il parlera de son village que l’acte ne transformera jamais en ville. « Mes parents de Ngagaan BarkaTchilor savent qu’ils habitent toujours dans un village. C’est Wade qui a construit dans ce village un poste de santé, une case des tout-petits. Depuis qu’il y a l’alternance, il est oublié. Peut-être qu’en 2040, il pourra devenir un ville ». Et de marteler « si je deviens Président, j’abrogerai cet Acte III ».

Autre erreur à corriger, la ‘’presqu’élimination’’ du chemin de fer des transports au Sénégal. « Tant qu’il ne sera pas possible de voyager dans le Sénégal d’un bout à l‘autre sans être confronté à des agressions, à des coupeurs de route ou voyager sur des routes en mauvais état, il n’y aura pas développement. L’économie du pays a dégringolé avec la faillite des chemins de fer.

Pour ce qui concerne l’Université du Sine Saloum, le secrétaire général de l’UNP s’étonne du fait qu’elle risque d’être « la seule université au monde où les facultés seront distantes de 100 kilomètres ». Ainsi, préconise-t-il, sa construction en entier à Kaolack.

 WADE, LE CHEF DE L’OPPOSITION

Ressassant que Wade est son inspirateur, SNN souhaitera que ses projets non encore réalisés ( pour cause de perte de pouvoir) soient pris en compte par l’actuel régime. Wade qui reviendra, à plusieurs reprises dans son discours est, selon lui et incontestablement le chef de l’opposition. En son absence, dit-il, c’est Oumar Sarr qui devrait jouer ce rôle étant entendu, selon lui, que c’est le Pds qui est le premier parti d’opposition au Sénégal.

Souleymane Ndéné Ndiaye remerciera plusieurs de ses invités dont Baba Goumbala, Khaly Niang, Mamadou N’diaye de l’ASC Saloum, Ahmed Suzanne Camara…

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